Recenser des expériences où il s'agit de donner à des enfants l'envie et l'occasion d'écouter et de dire des contes.
Rassembler des outils de réflexion pour les conteurs et les enseignants.

"Enfants conteurs" ne veut pas dire pour moi "fabrication d'une élite" mais "développement de cette compétence chez chaque enfant"

L'existence de ce blog est une tentative pour mettre en avant le travail, à mon avis primordial, de conteurs, notamment Fiona MacLeod, d'enseignants, et de chercheurs, notamment Suzy Platiel. Il s'agira donc plus de rassembler des liens, de donner des pistes sur ce qui est souvent écrit beaucoup mieux ailleurs...
Collaborations et contributions seront les bienvenues.

Fiona MacLeod, conteuse et utopiste



Fiona MacLeod, conteuse écossaise qui vivait en Finistère vient de nous quitter, le 31 décembre 2018, beaucoup trop tôt.

Elle était une militante infatigable de l'oralité, une têtue, au sens noble du terme, qui pratiquait, vulgarisait, cherchait, valorisait tout ce qui pouvais permettre à tout un chacun de s'emparer de la parole conteuse et de l'imaginaire.
Je propose de rassembler ci dessous quelques documents et ou liens qui vous permettront d'en savoir plus.

Une vidéo où Fiona explique pourquoi il est essentiel de conter en famille



Un texte que Fiona avait écrit pour une réunion des Conteurs à l'Ouest en 2017
 

UTOPIA quand on rêve à toi…
"Je soupire pour un pays où l’art d’écouter serait l’art le plus valorisé, où les politiciens, les enseignants, les technocrates, les bureaucrates, les industrialistes, les gendarmes, les scientifiques, les médecins, les parents, les artistes et même les enfants recevront tous une formation à l’art d’écouter, et que leur plus grand désir deviendra celui d’écouter les gens les plus faibles : les SDFs, les pauvres, les malades, les vieillesses vulnérables, les délinquants, les voleurs, les nuls en mathématiques et les nuls en sourires (si, si, c’est important de les écouter aussi).
Et je rêve d’un monde où chaque enseignant de maternelle, de primaire, de collège et de lycée recevra une formation à l’art de conter et à l’usage du langage symbolique.
Imaginez ces classes où l’oralité s’apprendra dès 3 ans en petits groupes de 5 à 6 élèves (tous qui auront choisis eux-mêmes l’apprentissage du conte ce jour là) et où les enfants les plus âgées enseigneront aux plus jeunes.
Et par la suite les enfants dans les cours de récrés tricoteront les contes entendus en classe à l’envers en riant beaucoup.
J’aimerais voir les classes où lorsqu’un enfant arrivera d’une autre ville, voire d’un autre pays, aussitôt on lui suppliera de raconter les histoires, les récits et les contes de son lieu d’origine. Surtout on s’intéressera aux différences exprimées dans ses récits.
Et puisqu’on aura aboli depuis belle lurette le système non productif des notes, et des examens, les enfants et les adultes parleront sur pied d’égalité, les uns partageant leur expériences, les autres offrant leur regard neuf. D’ailleurs les personnes seniors viendront souvent partagées la vie des classes.
De la même manière, des familles seront entrainés à écouter : les parents écouteront leurs enfants avec patience, et les enfants écouteront les aînés avec délice. Des familles où on partagera les récits de la vie quotidienne, où chacun racontera ses rêves au petit déjeuner, et surtout où les contes de la littérature orale circuleront sans entraves. Les concours de devinettes seront revenus à la mode et les vire langues se débiteront en montant et en descendant les escaliers dans une oralité rieuse, joyeuse et créative.
Puis les médecins ayant été formés aux contes depuis leur enfance, elles sauront écouter leurs clients (oui, vraiment écouter), et proposeront des contes pour accélérer la guérison.
D’ailleurs les seules guerres, puisqu’on aura banni tous les armes et toutes les bombes (mais quoi, une utopie est fait pour rêver jusqu’au bout !) seront des joutes de contes amicaux entre les peuples…. Les jeux olympiques de la narration…. et le gagnant doit savoir manier le silence.
Car, oui, le SILENCE sera aussi valorisé dans mon monde utopique. On vivra des journées entières dédiées au silence. Des festivals silencieux.
Je n’ai pas assez de temps pour vous parler de tous les autres merveilles de mon utopie (vous pouvez être sûre que les chats, les chevaux, les jardins potagers, les balades en bordure de mer, les levées de lune, les musiques du monde, les gâteaux de Noël, les nuits étoilées, les tambours chamaniques, parmi mille et une autres merveilles seront honorés).
Bravo ! Vous êtes arrivés au point final, ce point qui n’est finalement que le début de mon rêverie."
Amitiés utopiques,  FIONA MACLEOD


Un article de la revue LA GRANDE OREILLE N°71, dont je vous donne ici seulement le début pour vous donner l'envie de vous procurer la suite... Où l'on peut déjà remarquer que les enseignants écossais pratiquent le conte...



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